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L'écriture
artificielle
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Autorisation
de publication de Mer André Leclair
De
Paris
Analyse de
l’écriture de sa fille Sandy |
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Une écriture
est artificielle lorsque les traits sont bizarres,
originaux, excentriques.
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Source du trait.
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L’artificiel
est un sous- produit de l’art. La racine des deux mots
est la même, ce qui laisse penser que les idées maîtresses
sont identiques mais que ce sont les résultats et la
manière de les atteindre qui diffèrent.
L’artificiel
peut être beau et expressif, ce sont deux qualités
qu’une œuvre d’art propose, mais il sentira le
pastiche et l’invention et il exprimera des émotions
fabriquées.
La
source du trait artificiel vient d’un besoin de se
singularisé et de faire acte de distinction, de devenir
soi et un par
le truchement d’artifices. Souhaiter être son propre
créateur étant à la fois une expression d’orgueil
et ne narcissisme, mais aussi l’aveu d’une
insatisfaction de son état actuel. Lorsque les traits
artificiels restent beaux et que le baroque et le
merveilleux l’emportent sur le bizarre et la fausse
originalité, des qualités de créations
exceptionnelles sont possible. |
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Dons créateurs, originalité, indépendance d’esprit.
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L’art
peut se retrouver dans l’artificiel lorsque les états
d’âme et les passions ne sont pas édulcorés.
Lorsque l’artiste a du talent, les chimères
deviennent des réalités sans tomber dans le piège de
la laideur hermétique.
Les
émotions de l’artiste s’exprimant par ses créations,
celles-ci peuvent être géniales, révoltées, bizarres
ou simples, selon son humeur, son caractère et ses dons ;
le ridicule n’existe pas en matière d’art sauf
lorsque que le mauvais goût s’y mêle.
Les
artifices permettent de libérer l’inconscient de ses
fantasmes. Celui-ci peut alors s’exprimer par des
signes nouveaux, inventés et imaginés, inédits et
singuliers. C’est ainsi que, lorsqu’une personnalité
est particulièrement originale, marginale dans ses idées,
inventive dans ces expressions, les traits acquièrent
des éléments artificiels puisque surajoutés à ceux
prévus par le traditionnel. |
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Orgueil. |
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L’originalité
s’exprime par deux moyens : l’invention de ce
qui n’a jamais été fait ou l’utilisation de déjà
fait en accomplissant une oeuvre d’imitation.
L’originalité réside alors dans la nouveauté
d’expression. Dans les deux cas, mais plus acceptable
dans le premier, l’orgueil est le levier de
l’invention.
Le
trait artificiel est un travail pratique qui a fonction
d’exagérer. Et de la même manière qu’il existe
des peintures trompe-l’œil, les trait artificiels en
trompe –lettres ont pour
mission « d’en rajouter » et de plaquer du staff sur
des fissures. Altérer une vérité en l’amplifiant
est une preuve d’orgueil consolateur d’une
quelconque faiblesse et le trait artificiel a ainsi un rôle
d’apparat ; il rend supérieur, ou prétend
rendre, ce qui ne l’était pas suffisamment aux yeux
de son créateur. |
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Extravagance, intrigue, surestimation dangereuse de soi.
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Une
surcharge des traits est toujours possible ; en
effet le désir de fuir le commun et le vulgaire ou de
se réaliser dans de grandes et belles œuvres peut
conduire à des excès. Les limites entre l’art et
l’ artifice s’apprécient subjectivement. Tel trait
original et intéressant restera artificiel si
l’impression générale de la phrase et de
l’ordonnance des lignes n’est pas esthétique ;
en revanche ce même trait deviendra travail d’art si
l’ambiance de l’écriture est belle et harmonieuse.
Lorsque
les traits ont des ambitions décoratives et théâtrales
disproportionnées, il y a danger. L’artificiel ne
conduit plus hors d’un réel encore possible mais hors
d’un conscient devenu impossible. Et les traits affectés
décalquent les sentiments de faiblesse de son auteur.
L’artificiel est alors une prothèse maladroite sur
des orgueils et des vanités proches d’un déséquilibre. |
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Intelligence artificielle.
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Arthur
Koestler a démontré que le cheminement du génie
pouvait passer par l’obscurité et le délire. Un
esprit novateur mais médiocre se servira nom de
raisonnement, de déduction ou de tout autre travail
intelligent mais de stéréotypes ; les traits
artificiels seront alors le miroir d’une intelligence
plaquée et non d’une intelligence vécue.
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Portrait d’artificiel.
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Artificiel
aime se singulariser et se distinguer des autres, cela
le rassure, l’amuse et lui permet d’exister. Certes
il est ingénieux, habile et plaisant à vivre, mais
pendant un cours temps ; ensuite il peut devenir
agaçant par ses créations excentriques, ses recherches
constantes
d’inédit et ses compositions de personnages. Il se
joue la comédie et se mystifie lui-même, probablement
parce qu’il n’est pas satisfait de son sort et
qu’il cherche à déguiser ses inquiétudes.
Il
possède un certain art pour se rendre intéressant,
mais ses sentiments sont cependant tricheurs car il les
exagère. Il se crée ainsi une fausse vie qui le réconforte
et lui donne un brillant qui tient lieu de personnalité
profonde.
De
la même manière qu’il a le don pour habiller ses
sentiments et ses idées, il est capable de créations
originales, d’inventions ayant un certain panache ;
mais il poursuit peu ses efforts qui semblent l’user
prématurément par les outrances de ses inventions.
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