|
À
peine débarqué, le voyageur se trouve dans un étrange
village enclos dans des remparts de Vauban. Nulle auto,
nul bruit de moteur ; pas même de poteaux ni de fils électriques,
les câbles formant un réseau souterrain. Des rues
larges, bordées de maisons basses, donnent à l'agglomération
un aspect de comptoir océanien.
Ce
pendant une maison est plus haute que les autres, c'est
la maison dite de l'Empereur. Il était passé par là
en mille huit cent huit, avait voulu qu'on y construisit
une résidence pour un gouverneur, et c'est là qu'il
revint au début de juillet mille huit cent quinze. La
famille Gourgaud a constitué un musée important témoignant
d'une grande ferveur. Toutes les pendules sont arrêtés
à l’heure de la mort de Napoléon à Sainte-Hélène.
C'est
dans cette ambiance singulière qu'il faut voir, dans le
jardin, l’arbre que le guide désigne du doigt.
Derrière
la maison dite de l'Empereur, le maire avait demandé à
Napoléon Ier, en mille huit cent huit, de marquer son
passage en greffant un arbre. Cela ne pouvait être une
greffe ordinaire avec Napoléon. Un frêne et un ormeau
voisinaient : l'Empereur greffa le frêne sur
l'ormeau et cet arbre s’est développé. Il est
toujours là, vieux d'un siècle et demi. |