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La réincarnation

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Caprices de la nature ou réincarnation.

           

         Il arrive qu'un enfant mourant en bas âge « renaisse » dans la même famille ce que professent tous  les réincarnationnistes, y compris les théosophes. Il montre alors de singulières ressemblances avec son prototype: ce  fut bien le cas de la petite Alexandrina, revenu accompagnée d’une étrangère, Maria Pace.

            En voyant les deux jumelles on ne pouvait pas se tromper sur l'identité de l’une d’elle avec la sœur morte de méningite. On trouve également souvent citée, l'histoire touchante de Blanche, morte en mille neuf cent deux « revenue » en février mille neuf cent six dans la famille du capitaine Florindo Battista, de Rome : un fac-similé du premier bébé, qui d'ailleurs n'avait pas manqué de ramener aussi une partie de sa mémoire. La petite Blanche numéro  deux plongea une fois ses parents dans une grande stupéfaction en se mettant  à chanter spontanément et avec conviction la berceuse qui avait servi bien des fois à endormir Blanche numéro un. L'enfant chantait, avec un accent français très prononcé, une de ces cantilènes soporifiques donc avait le secret la nourrice Suissesse attachée à l'autre enfant (et retournée dans ses montagnes natales à la suite du drame familial).

« Qui t'a appris cette jolie chanson ? » Demanda la maman.

« Personne, je la sais toute seule », fut la réponse de la fillette qui continua sa berceuse comme si elle n'avait jamais rien chanté d'autre de sa vie.

            Comme Alexandrina, comme Blanche et comme bien d’autres, les jumelles Pollok avaient conservé des souvenirs très nets de leur court passage terrestre précédent, et nous avons noté que la petite « cadette » avait gardé au front une cicatrice caractéristique de la naissance précédente.

            Bien entendu, les grandes similitudes de traits  physiques observés chez les enfants d'une même famille non rien d'extraordinaire, encore qu’il soit bien rare que des frères ou des sœurs nés successivement dans le temps accusent des ressemblances aussi étonnantes que les jumeaux  homozygotes. La nature ne se répète pas, du moins dans les exemples usuels: il faudrait donc évoquer des exceptions pour les exemples énumérés plus haut.

            Beaucoup plus surprenante est la réplication d'un individu à l'autre, des marques et malformations physiques très caractéristiques, tant par la forme où l'aspect extérieur que par la localisation sur le corps. Caprices de la nature ? Coïncidence ? Ou preuves tangibles de la renaissance ?

            En mille neuf cent soixante dix sept, en possession d'environ mille six cent  dossiers du type réincarnation, Ian Stevenson avait au moins deux cent cas de ce genre. Dans son intervention au congrès de Bruxelles, axée sur le thème de la survivance et des  rythmes cosmiques, le  savant américain a abordé ce passionnant sujet,  documents à l’appui. 

 

Le constat des faits recensés.

           

            Quand les parents attristés observent leur nouveau-né un membre tordu, une épaule difforme, des doigts ou des orteils atrophiés ou soudés entre eux, ou même l'absence d'une main, ils ne s’imaginent pas qu’ils ont peut-être sous les yeux le message muet d’un drame qui s'est déroulé il y a quelque temps, ailleurs, dans l'existence d'un autre individu.

            Il arrive cependant que l'information arrive en apparence par la bouche de l'enfant devenu capable de parler : on le surprend à ressasser de sombres histoires de tortures ou de mutilations subies dans une vie antérieure.

            Témoin ce petit indien, né avec la main droite dépourvue de doigts, avec les côtes qui semblaient avoir été cassées et ressoudées. Le temps de grandir un peu, le pauvre infirme finit par faire des révélations : au cours d'une altercation qui avait mal fini, un homme devenu fou furieux avait tué un certain Kashi Ramm (qui avait habité un village proche de celui de l'enfant) et s'était acharné sur le corps, en lui tranchant les doigts. Innocent de ces brutalités, le bébé était né affligé des traces réalistes de cet acte de démence.

            Moins spectaculaire réminiscence d'une mort violente, un léger enfoncement du crâne (quatre millimètre  dans sa plus grande profondeur) témoigne chez Ornuma Sua Ying Yong, en Thaïlande, d'un choc fatal, sur la tête dans une vie antérieure ; de même, à Ceylan une fillette serait affectée d'une malformation de la jambe gauche et du bassin pour avoir eu (jadis) une blessure à la jambe en tombant dans un puits.

            Dans ces exemples, on voit le « réincarné » souffrir physiquement. Pour un crime commis par un autre, ou à  la suite d'un accident mortel involontaire. Si ces malformations répondent à une justice immanente, ce qui est encore la croyance des populations orientales, on aimerait trouver des cas ou les voies du karma soit en un peu moins ténébreuses.

            Il existe effectivement des situations peu nombreuses à ce qu’il semble où le meurtrier n'échappe pas à la rétribution karmique et semble renaitre avec une difformité congénitale. C'est ce qui est arrivé à Ratran Hami, irascible mari qui avait tué sa femme peu pressée de quitter le foyer de ses parents. Arrêté et exécuté en mille neuf cent vingt huit, il fit semble-t-il reparler de lui en apparaissant, en mille neuf cent quarante sept, sous les traits de H. A Wijeratne.

            À sa naissance, on remarqua une déformation de l’épaule et du bras droit : devenu grand, le garçon comprit que cette disgrâce était liée à son crime de jadis, dont il avait retrouvé le souvenir. Il n'en gardait pas moins une certaine rancune à l'épouse rebelle et s'estimait encore dans son bon droit. Comme on le voit, on dirait que la leçon du karma ne porte pas toujours ses fruits.

 
 
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