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Quand
les parents attristés observent leur nouveau-né un
membre tordu, une épaule difforme, des doigts ou des
orteils atrophiés ou soudés entre eux, ou même
l'absence d'une main, ils ne s’imaginent pas qu’ils
ont peut-être sous les yeux le message muet d’un
drame qui s'est déroulé il y a quelque temps,
ailleurs, dans l'existence d'un autre individu.
Il arrive cependant que l'information arrive en
apparence par la bouche de l'enfant devenu capable de
parler : on le surprend à ressasser de sombres
histoires de tortures ou de mutilations subies dans une
vie antérieure.
Témoin
ce petit indien, né avec la main droite dépourvue de
doigts, avec les côtes qui semblaient avoir été cassées
et ressoudées. Le temps de grandir un peu, le pauvre
infirme finit par faire des révélations : au cours
d'une altercation qui avait mal fini, un homme devenu
fou furieux avait tué un certain Kashi Ramm (qui avait
habité un village proche de celui de l'enfant) et s'était
acharné sur le corps, en lui tranchant les doigts.
Innocent de ces brutalités, le bébé était né affligé
des traces réalistes de cet acte de démence.
Moins
spectaculaire réminiscence d'une mort violente, un léger
enfoncement du crâne (quatre millimètre dans
sa plus grande profondeur) témoigne chez Ornuma Sua
Ying Yong, en Thaïlande, d'un choc fatal, sur la tête
dans une vie antérieure ; de même, à Ceylan une
fillette serait affectée d'une malformation de la jambe
gauche et du bassin pour avoir eu (jadis) une blessure
à la jambe en tombant dans un puits.
Dans ces exemples, on voit le « réincarné »
souffrir physiquement. Pour un crime commis par un
autre, ou à la
suite d'un accident mortel involontaire. Si ces
malformations répondent à une justice immanente, ce
qui est encore la croyance des populations orientales,
on aimerait trouver des cas ou les voies du karma soit
en un peu moins ténébreuses.
Il
existe effectivement des situations peu nombreuses à ce
qu’il semble où le meurtrier n'échappe pas à la rétribution
karmique et semble renaitre avec une difformité congénitale.
C'est ce qui est arrivé à Ratran Hami, irascible mari
qui avait tué sa femme peu pressée de quitter le foyer
de ses parents. Arrêté et exécuté en mille neuf cent
vingt huit, il fit semble-t-il reparler de lui en
apparaissant, en mille neuf cent quarante sept, sous les
traits de H. A Wijeratne.
À
sa naissance, on remarqua une déformation de l’épaule
et du bras droit : devenu grand, le garçon comprit que
cette disgrâce était liée à son crime de jadis, dont
il avait retrouvé le souvenir. Il n'en gardait pas
moins une certaine rancune à l'épouse rebelle et
s'estimait encore dans son bon droit. Comme on le voit,
on dirait que la leçon du karma ne porte pas toujours
ses fruits. |