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Vers
l'âge de deux ans, dès qu'il commence à parler, le
jeune Turc Emrullah Turhan (né en mille neuf cent
quarante neuf) dit qu'il a des souvenirs d'une autre vie
et qu’il s'appelle
«
en vrai » : Cheikh Maruf. Cinq ans après, le père
du petit Emrullah, qui est fermier, engage un couple de
paysans qui ont bien connu un certain Cheikh Maruf, mort
en mille neuf cent quarante huit. Ils posent des
questions très précises à l'enfant pour le piéger :
combien Cheikh Maruf avait-il d'enfants ? Comment
s'appelait sa femme ? Les réponses sont toutes exactes
et détaillées il énumère les prénoms des quinze
enfants et précise que sa femme avait un grain de beauté
sur la joue droite. Quelques années plus tard, le jeune
Emrullah fait son service militaire et déclare à un
officier qu'il a autrefois servi sous ses ordres du
temps où il était Cheikh Maruf. Il rappelle alors à
l’officier stupéfait leurs campagnes, les dangers
affrontés, les circonstances d'un accident qui faillit
leur coûter la vie à tout deux, etc. |
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Les
commentaires du docteur Doksat
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C'est le docteur
Doksat, professeur à la clinique psychiatrique
d'Istanbul, qui a étudié ce cas en confrontant le
jeune Emrullah et l'un des fils de Cheikh Maruf, député
au Parlement. Dès qu’il le vit, tout en ignorant qui
il devait rencontrer, le jeune homme le reconnaît comme
un de ses fils, l'appelle par son prénom et évoque des
souvenirs intimes de famille que nul ne pouvait connaître...
L'information
sur la personnalité antérieure est ici plusieurs fois
répétée. Et à des périodes différentes de la vie.
Il est intéressant de noter que le jeune
Emrullah a commencé à avoir des souvenirs précis
à deux ans et qu'à vingt ans il y avait encore des réminiscences.
Cette permanence est un signe plaidant en faveur de
l'authenticité de son
identification au Cheikh. Le docteur Stevenson
estime que la durée moyenne d’une identification est
de sept ans environ. Ce chiffre peut être dépassé.
Mais dans la majorité des cas, le phénomène de
personnalisation commence vers deux ans (la petite
enfance), se poursuit jusqu'à la scolarisation, vers
dix ans. L’enfant cesse alors de parler spontanément
de sa vie antérieure (souvent parce qu’on le punit).
En général, à l'adolescence, il n'a plus de
comportement identifiable à celui d'un défunt.
Notons
également et c'est un aspect très important dans le
dossier de la réincarnation que les connaissances
acquises par le jeune homme sur son incarnation précédente
ne l'empêchaient pas de vivre normalement et que
c’est dans son état habituel et non en état de
transe comme pour un sensitif qu’il l'affirme avoir été
quelqu’un d’autre. |
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