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Dans
la Manche, à Saint-Eugienne (canton de Brécey), on pique des épingles
dans les jambes et sur la jupe d'une statue qui porte à son bras
gauche un chapelet de molaires alignées sur un cercle de fil de
fer. À Pontmain(en Mayenne), lieu très fréquenté par les pèlerins
de la Manche, on les pique dans le cadre de bois protégeant la
nouvelle statue, l'ancienne sculpture en bonnes pierres du pays
avait subit tant d'attouchements de pointes d'épingles sur les
joues (on opposait la pointe aigue à l'endroit précis
correspondant à celui de son propre mal) qu'elle était défigurée
au point de n'être plus « présentable ».
Cette
coutume de piquer les épingles paraît fort répondue (il va de soi
que nul ne courrait le risque d'aggraver son mal par utilisation
d'une épingle déjà opposée, la sanction immédiate et cruelle étant
gravée en bonne place sur les tables de coutume).
À
Agneaux (canton de Saint-Lô), le culte est de plus en plus suivi
bien que la longiligne statue moderne plaquée au mur dans la
chapelle de Saint-Jean Baptiste (autrefois chapelle Sainte Apolline)
ne paie guère de mine. Les pèlerins trouvent à leur disposition
un texte de prières, des cierges, des veilleuses votives. Ils
peuvent demander des messes en utilisant la fiche déposée à cet
effet. Les mères font toucher la statue à leur petit.
Dans
le Calvados, à Notre-Dame de -Livaye (canton de Mézidon-Canon),
une Sainte-Marguerite est considérée et priée comme une
Apolline. Les mères qui apportent leur bébé laissent leurs
bavoirs dans les bras de la statue en guise d’ex-voto. À Ablon
(canton de Honfleur), les mères font toucher la statue, prient,
mettent un cierge, font parfois célébrer une messe et déposent un
linge ayant touché l’enfant.
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